- Pour commencer, la JMJ n’est pas :
-Un endroit ou un moment où l’on fait du lobbying.
-Un moment où on tente d’accomplir de grands pas officiels pour l’humanité, comme lors des sommets du G8 ou de l’O.N.U.
-Une activité de tourisme du style Club Med.
-Un « Woodstock » chrétien.
-Toutes sortes d’autres qualificatifs erronés donnés par les médias, ou imaginés par des personnes qui ne connaissent pas bien les objectifs de la JMJ…
- C’est plutôt :
-Un moment très intense de communion humaine et spirituelle.
-Un moment de rencontre de plusieurs cultures extrêmement différentes à travers des personnes ayant deux points en commun, leur foi catholique et leur âge.
-Une rencontre entre le représentant d’une tradition de foi bimillénaire et universelle, le pape, et la jeunesse qui est l’héritière de cette tradition, un moment d’échange et de transmission dans la célébration de notre Sauveur, Jésus Christ.
-Un moment où on sent que l’humanité est une seule et même grande famille, que tout conflit ayant pour origine les différences n’en vaut vraiment pas la peine.
-Une rencontre de toute sortes de points de vue, de problématiques et de solutions différentes de ceux qu’on peut rencontrer ici.
-La rencontre de PERSONNES qui deviennent des amis, des gens avec qui ont continue à tisser des liens.
-Un moment où on prend conscience que notre monde est tout petit et fragile.
-Un moment où tous sont accueillis dans les mêmes conditions par un peuple, une culture du monde.
-Un moment où tous vivent dans les mêmes conditions : gymnases, salles de classe, rationnement des repas, camping, transports en commun bondés (mais joyeusement et spontanément animés par des chants et des prières de partout).
-Une atmosphère de fraternité unique au monde, qu’on ne peut oublier.
-Un moment qui nous sort de nos conforts, de nos habitudes et de nos préjugés pour nous ouvrir à la présence de Quelqu’un de plus grand que nous à travers la présence de l’autre.
-Une façon d’opposer une mondialisation positive, fraternelle et solidaire à une globalisation des conflits, des peurs et de l’oppression.
-Une façon de renouveler l’Église catholique, de l’unifier et de découvrir les richesses de sa tradition, afin de revenir avec une plus grande soif d’unité et de vie dans notre propre société.
-Une occasion d’exprimer notre foi et notre joie de vivre cette foi en Jésus.
- Concrètement, ça se déroule comment ?
En gros, lorsqu’on part d’ici, on se rend dans le pays hôte, et on peut faire un peu de tourisme pendant quelques jours, afin de connaître un peu l’environnement, l’atmosphère du pays. Ensuite, pendant une semaine, on est accueillis dans des familles d’un diocèse du pays hôte, et on participe durant ce temps à des activités d’accueil, de prière, on prend connaissance plus en profondeur des gens et de leur culture, de l’Église de ce lieu. C’est dans ces moments qu’on tisse des liens forts qui peuvent ensuite durer des années. On rencontre aussi d’autres groupes d’ailleurs qui sont accueillis dans le même diocèse.
Après cette semaine, on part en groupe pour la ville hôte, (pour 2008, ce sera Sydney). Là, on est logés dans des écoles, quelquefois dans des familles, on reçoit le « sac JMJ », les cartes de transport en commun, les tickets de rationnement pour les repas de la semaine, qu’on ira chercher à un centre de distribution aux points désignés, chaque jour. Les rations sont prévues justes, et bien souvent on peut rester sur sa faim lorsqu’on est habitué à de grosses portions comme nous le sommes généralement en Amérique du Nord. Les horaires des enseignements donnés par des évêques et d’autres intervenants sont fournis, ainsi que les lieux principaux des évènements. Durant cette semaine, on marche beaucoup, on prend souvent des trains, métros ou autobus bondés par la foule des pèlerins, de toutes les cultures. La population locale est parfois intriguée, sûrement dérangée dans sa routine. Pour patienter, les gens chantent, prient, conversent parfois en anglais, souvent par signes. Une journée de cette semaine est particulièrement consacrée au thème de la réconciliation, de la miséricorde, et nous sommes invités au sacrement de réconciliation. Il y a toujours des moments d’adoration animée dans des églises de la ville. Beaucoup de manifestations culturelles, théâtre, musique sont présentées en parallèle à tous ces évènements plus généraux. Le vendredi, il y a généralement un Chemin de Croix à travers la ville. À la fin de la semaine, le samedi, il y a une partie pèlerinage à pied, pour se rendre au lieu de la Vigile, où nous passerons la nuit, à la belle étoile, avec tout le matos, qu’il pleuve ou vente, quelques uns avec leur tente, d’autre avec pas grand-chose, (personnellement, à Toronto, j’étais étendue sur un sac-poubelle, avec mes vêtements, pas très chauds, pour dormir. Le matin, il a plu des cordes jusqu’au moment de l’Eucharistie, durant laquelle un coup de vent extrêmement puissant a balayé le ciel pour faire place à l’azur). On s’installe doucement, je connais des gens qui ont passé des moments extraordinaires à échanger et à jouer au soccer avec des jeunes de plusieurs pays pendant ces moments de flottement et d’attente. La nuit qui suit est passée à veiller tous ensemble à la lueur des flambeaux, un moment à la fois extrêmement paisible et électrisant à la foi. Le matin qui arrive nous annonce l’arrivée du pape et la célébration de l’Eucharistie, point culminant de la JMJ. C’est une immense et grandiose célébration de Celui pour qui nous avons fait tout ce voyage : Jésus-Christ. C’est après ce grand moment de communion en Église que l’annonce du lieu où la prochaine rencontre aura lieu est faite. On a du mal à quitter les lieux après cet instant de grâce, mais on se sent plein de feu pour partager ce que l’on y a vécu. En revenant, c’est ce feu qui nous porte, et qu’on espère toujours entretenir. Ce qu’on apprend par la suite, c’est qu’on ne peut y arriver seul, et que la force du groupe est nécessaire.
- Pourquoi et pour quoi se prépare-t-on ?
En dehors du fait qu’il faille se préparer matériellement pour vivre cet évènement qui a lieu tous les trois ans dans une partie du monde différente, on doit faire une préparation personnelle et collective au niveau spirituel.
Pour le financement, la raison la plus évidente, les plus fortunés mettent de l’argent de côté, et ceux qui le sont moins, comme la plupart, ramassent des fonds par diverses activités. Pour nous, il est important que l’argent ne soit pas un obstacle pour ceux qui désirent réellement y participer.
Comme c’est principalement une démarche spirituelle, la préparation est cruciale pour les personnes et pour le groupe. Par le biais de retraites, d’activités et d’enseignements, les personnes maximiseront ce qu’elles peuvent recevoir du pèlerinage et seront à même de mieux redonner ce qu’elles ont reçu à leur retour, dans leurs communautés, leurs familles, leurs lieux de travail respectifs.
C’est un évènement qui n’est pas qu’un « trip » ponctuel, mais quelque chose qui change la vie, lorsqu’il y est intégré. C’est donc un apport à long terme dans la société de chacune des personnes qui ont la chance de pouvoir y participer. Dans l’Évangile, les disciples de Jésus sont comparés par une parabole à du levain dans la pâte, ou encore à du sel… Il n’est pas besoin qu’ils soient nombreux pour transformer le monde qui les entoure, il suffit qu’ils soient des « principes actifs », qu’ils soient « goûteux ». La préparation est donc une sorte de concentration, de « fermentation » de l’évènement. Elle nous permet aussi d’avoir un groupe fort au retour, pour mieux enraciner le vécu de la JMJ.
- Le thème de la JMJ
Il y a toujours un thème pour la Journée mondiale de la Jeunesse. Dans le cas de celles de 2008, à Sydney, c’est : "Vous allez recevoir une force, celle de l'Esprit Saint qui descendra sur vous. Alors vous serez mes témoins." (Ac 1:8)
La force de l’Esprit Saint dont il est question, c’est celle qui fait l’unité dans l’amour, en Dieu, entre Dieu et l’être humain, entre les êtres humains, et entre l’être humain et la Création. C’est seulement lorsque cette force, qui est Quelqu’un, se manifeste que les chrétiens peuvent témoigner de Dieu et de son amour infini et inconditionnel, de sa justice et de sa miséricorde pour chacune des personnes qu’ils rencontrent. Trop souvent, les chrétiens que nous sommes prenons sur nous de juger les autres et leurs actes, même entre nous. Ce thème nous invite à méditer sur le rôle primordial de l’Esprit de Dieu dans notre témoignage.
- Pourquoi en Australie ?
« C’est loin! », entend-on souvent! Effectivement, ce l’est pour nous, ainsi que pour beaucoup d’autres personnes. Pourtant, après avoir été à Rome, à Manille, à Buenos Aires, à Czestochowa, à Denver, à Paris, à Toronto ou à Cologne, c’est un voyage de plus pour la JMJ, et une occasion pour des personnes n’ayant jamais pu y aller de pouvoir y participer! Par les pérégrinations du lieu de pèlerinage, on part à la rencontre du monde et des œuvres de l’Esprit Saint dans ce monde.
- Le Pape
C’est Jean-Paul II qui a lancé le premier cette invitation aux jeunes en 1984, et ils y ont répondu. Le rendez-vous fut alors pris pour une prochaine fois, et depuis lors se renouvelle tous les trois ans. Benoît XVI a repris le flambeau, et nous continuons à suivre…
Dans notre civilisation occidentale, être vieux est synonyme d’être « dépassé », « ringard ».
Chez plusieurs autres peuples, et chez nous jusqu’à récemment, être vieux signifie avoir acquis de l’expérience, de la sagesse. Dans une culture africaine, on dit qu’un vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle.
Le Pape, personne qui, pour nous, catholiques, représente l’unité à travers le monde et à travers le temps de l’héritage du Christ, est, par son âge et son expérience de vie, également rassurant et stimulant. Rassurant, car, comme un grand-père, il nous transmet la richesse et l’expérience qu’il a de la foi et de l’Église ; stimulant, car celui-là même qui représente l’imposante et ancienne tradition ecclésiale nous fait confiance, à nous, les jeunes, héritiers de cette tradition, pour faire vivre et grandir l’Église.
Ce rendez-vous, tous les trois ans, permet cet échange mystérieux entre ce que ce « vieillard » a à nous transmettre et l’enthousiasme de la jeunesse, sa quête du meilleur, sa recherche de sens…
- Ce que ça apporte au Québec
On peut se demander ce que vont faire ces groupes de jeunes du Québec à une époque où l’Église catholique est présentée comme moribonde, où tant de problèmes urgents demandent des solutions : l’écologie, la faim, la pauvreté, l’équité sociale, les suicides, le manque de logements abordables, on pourrait continuer longtemps, on n’entend que cela dans les télé journaux de tout acabit. Ces jeunes se « paient-ils la traite » d’aller « triper en gang » sans aucun autre but? Nous avons déjà abordé le sujet en expliquant ce qu’étaient la JMJ. Mais qu’est-ce que ça apporte ici, à la société québécoise. Voici quelques témoignages de personnes qui y sont allées et qui ont fait fructifier cette expérience dans leur vie.






